Jeudi 11 avril 2013
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La France, tout au long de son histoire, a connu de longues périodes troublées. Elle en est toujours sortie grandie. Si le monde entier la
regarde, la brocarde ou l'admire, c'est qu'elle ne peut laisser indifférent personne. La France est un phare ou une balise sur cette planète.
On a le droit, dans notre pays, d'avoir les convictions politiques, philosophiques ou religieuses que l'on veut et on a le droit d'en faire
état et de les défendre avec acharnement. Mais ce n'est pas renoncer à ses convictions que de se serrer les coudes et de lutter tous ensemble pour sortir la France de l'ornière.
Je n'ai pas voté pour Monsieur François Hollande, et je ne vote pas pour les socialistes parce qu'ils ne sont pas socialistes. La dernière
campagne présidentielle a été violente et lamentable. Monsieur Hollande était dans le déni calculateur : la crise née en 2008 n'existait pas, en tout cas, elle ne suffisait pas à justifier de
l'incurie du gouvernement précédent. Ce fut une campagne non pas pour une autre politique, ni pour la France, c'était une campagne contre Sarkosy.
-"Moi, Président, il y aura une république exemplaire !" rappelons-nous ce long monologue, cette litanie de poncifs racoleurs et cette haine
déversée contre un seul homme à abattre qui ce terminait par :
-"Le changement c'est maintenant."
Et puis, le Président de la République a été élu, et très vite il a fallu mettre les mains dans le cambouis ! Je n'ai pas voté pour Monsieur
Hollande, mais je n'ai pas envie qu'il se plante, parce que je n'ai pas envie que la France se plante. Pourtant, dans la tourmente actuelle, on voit bien que les rats commencent à quitter le
navire. Trois de ses ministres, et non des moindres (Montebourg, Hamon, Duflot) s'opposent ouvertement au Président et à son Premier Ministre. Dans les rangs du PS, ils sont de plus en plus
nombreux à manifester leur désaccord, nombreux sont ceux qui veulent donner un violent coup de barre à gauche et rejoindre la grande gueule Mélanchon. Il n'aura pas fallu un an pour que le
Président soit trahis par ses amis, ceux qui l'ont mis en place, ceux qui l'ont envoyé au casse-pipe.
L'affaire Cahusac est un dramatique fait divers. Cet homme est un voyou, il a trompé tout le monde et il s'est fait prendre. Il n'est
certainement pas le seul, car il n'y a aucune raison qu'il soit le seul. Je suis bien certain que parmi les charognards qui crient "à mort", il y a quelques voyous du même acabit qui ne se sont
pas encore fait prendre. Mais il faut prendre garde à ne pas tomber dans le stupide "Tous pourris". Il y a parmi nos édiles une immense majorité de serviteur de l'état dévoués et honnêtes,
passionnés par la chose publique. Le Président vient de faire des propositions pour moraliser la vie politique. On ne peut qu'être d'accord. Oui, à une Haute Autorité Indépendante qui pourrait
être composée de hauts fonctionnaires de la justice et des finances (mais surtout pas d'élus) qui seraient nommés par les présidents de la République, de l'Assemblée Nationale et du Sénat. Cette
haute Autorité aurait pour mission de contrôler les patrimoines des Ministres et des Députés et Sénateurs à leur arrivée et au départ de leurs fonctions, pour vérifier qu'il n'y a pas eu
d'enrichissements personnels autres que leurs émoluments et rémunérations en qualité de commis de l'état.
Mais non, à l'étalage des patrimoines sur la place publique. C'est une mesure démagogique, nuisible qui va prêter à un petit jeu de
comparaison malsaine. Marine Le Pen à déjà commencé ce matin au micro de Jean-Michel Apathie :
-"On peut se poser la question de la compétence de ceux qui n'ont pas de bien à gérer la puissance publique, s'ils n'ont pas été capable de
se créer un patrimoine dans leur vie personnelle !" disait-elle.
Oui, à la lutte contre les paradis fiscaux, mais attention à ne pas stigmatiser les banques françaises et nuire ainsi à leur renommée
internationale.
Le Président de la République déchante. Le changement, manifestement, ce n'est pas pour tout de suite. La crise est bien réelle et le
pragmatisme l'emporte sur l'utopie des campagnes électorales. Dans la tourmente, il faut un cap et le tenir. Il faut un équipage solidaire et discipliné et des passagers patients mais qui ne
fassent pas tanguer le navire dangereusement.
En bref, Calmons-nous.
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