Je suis un cherchant.
Ayant été abandonné dès mon plus jeune âge, j'ai été élevé par des "familles d'accueil" dans un premier temps, puis, dans des
institutions type "centre de rééducation", et enfin, dans un foyer de jeunes travailleurs.
Pour ce qui est des familles d'accueil, j'en garde un souvenir très mitigé sur lequel je ne m'étendrais pas ici.
On peut quand même dire que déplacer des enfants de famille en famille, tous les deux ans, pour ne pas que les uns
s'attachent aux autres, et "Lycée de Versailles", comme disait Coluche ; les changer d'école par la même occasion ; leur faire perdre leurs repères et se réadapter, se refaire des
camarades tous les deux ans ; on peut imaginer qu'il y a mieux pour l'équilibre d'un enfant.
Je garde, par contre, un très bon souvenir des centres dans lesquels je suis passé.
Les éducatrices, les éducateurs, instituteurs, psychologues étaient tous attentionnés, attentifs, et compétents, même
s'il y avait un gros manque affectif.
C'est dans ce contexte que j'ai commencé à chercher :
-"Qu'est-ce que je fous là ?"
Je suppose que tout le monde, tôt ou tard, se pose ce genre de question et les pose à leur entourage, aux parents, aux
amis.
Moi, j'emmerdais mes éducateurs en les harcelant de questions sur les pourquoi et comment des choses de la vie...de ma
vie.
Les réponses ne pouvaient qu'être évasives et j'ai donc continué à chercher.
Puis, j'ai grandi.
J'ai cherché des réponses dans la politique.
A gauche, toujours à gauche forcément à gauche.
Je ne sais pas pourquoi, ça semblait couler de source :
j'étais issu du peuple, je ne pouvais donc qu'être de gauche. Je n'avais pas réfléchi plus au fond.
Puis, la gauche a cessé d'être dans l'opposition, elle a gouverné, et face à la réalité du monde, elle est devenue
pragmatique, elle a déçu mes espérances d'un monde meilleur, plus juste, plus équitable.
Elle a favorisé "son fond de commerce", la fonction publique et laissé pour compte tout le reste.
J'ai donc décidé de ne plus croire aveuglément une option quelle qu'elle soit. Je veux juger sur pièce, sur des idées et sur
un programme.
Je me prononcerai désormais pour ce qui me paraîtra le mieux et le plus juste. Je me suis aussi rendu compte que les bonnes
idées ne venaient pas seulement de gauche.
J'ai donc continué ma quête ailleurs :
La religion ?
J'y ai très vite renoncé.
Je suis catholique baptisé parce qu'on la décidé pour moi, dans ma petite enfance, et, non pratiquant, parce que c'est moi
qui l'ai décidé.
Je n'aime pas l'intolérance, le prosélytisme et les certitudes de toutes les religions monothéistes.
Elles ont, dans l'histoire, commis tellement d'exactions et de crimes contre l'humanité, au nom de leur Dieu, que je ne
comprends pas qu'on puisse continuer à les soutenir et les pratiquer.
Et puis, j'ai rencontré des personnes.
De belles personnes que j'ai aimé et qui m'ont proposé de les suivre dans une autre démarche spirituelle :
Améliorer le sort de l'humanité par l'amélioration individuelle de chacun.
Bien se comporter, répandre le bien autour de soi.
Si chacun de nous fait, à sa place, ce qu'il peut faire de mieux, forcément, le monde n'en sera que meilleur.
Alors :
Tailleur de Pierre que je suis, passionné par l'histoire, les traditions, le Moyen-Age, la construction, la géométrie et le
dessin, l'idée maçonnique a fait son chemin et je suis devenu Frère.
Voilà 4 ans que je suis Franc-Maçon.
Je travaille dans un atelier avec des frères que j'aime.
Ce sont des gens d'horizons tellement différents, qu'il y a de fortes chances que l'on ne se soit jamais rencontré ailleurs
qu'en maçonnerie.
Je suis bien dans ce groupe d'hommes, dans cette fraternité et cette solidarité vraies.
Dans ma loge, à la base de la pyramide maçonnique, nous sommes sincères, loyaux, honnêtes et travailleurs.
Nous sommes des hommes libres et de bonne moeurs.
Hélas, au sommet de la pyramide, l'attrait du pouvoir, la puissance et la gloire font leur travail de démolition.
L'ambition démesurée de quelques "Apparatchicks-Oligarques" porte atteinte à l'image même de la maçonnerie.
Notre Grand Maître National, dans une lettre au Président de la République diffusée par l'Express N° 3100 du 1er décembre
2010, page 58, dans un article rédigé par François KOCH, visible ici : link WWW.LEXPRESS.FR
François STIFANI commet un acte d'allégeance, au nom de tous les maçons de son Obédience, c'est à dire, en mon nom, sans me
consulter, à toute la politique mise en place par Nicolas Sarkosy.
Cela me choque, et je ne veux pas cautionner de tels agissements de la part d' un Grand Maître qui se gausse des 43000
membres de base de la GLNF.
Si j'avais voulu soutenir l'action du Président de la République et de son Gouvernement inconditionnellement, j'aurais adhéré
à l'UMP, et je ne l'ai pas fait, car, même si j'approuve certaines dispositions prises par les élus en place, je suis très loin d'approuver cette politique dans sa globalité !
Je ne suis pas rentré en Maçonnerie pour que des Officiers bouffis d'orgueil et d'ambition se compromettent, en mon nom, dans
les arcanes du pouvoir.
Monsieur Stifani, vous avez frappé trop fort.....la porte va s'ouvrir et l'on sera nombreux à sortir.
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